Ecrire, c’est s’engager… envers soi-même ?!

Je rentre dans l’année 2017 avec des questions qui me taraudent l’esprit H24 :

Je me lance quand ?
A quel moment je communique sur le fait que je veux lancer mon activité indépendante ? Dès maintenant ? Après ma formation ?

Aujourd’hui, je sais que la question du « quand » n’était pas la bonne question.

Après un an de réflexion, d’échecs et de remises en question, le 30 septembre 2016, je prenais deux décisions : je laissais tomber un contrat pour un job dans une structure que je lorgnais depuis quelques années, et je décidais de m’engager dans une formation longue et diplômante, en la finançant moi- même.

Depuis, je marche vers un unique but : créer mon activité, celle qui me permettra de me rémunérer et de faire ce que j’aime, accompagner et coacher les personnes dans leurs projets, et leurs changements, les amener à découvrir leurs potentiels, à les exploiter sans limite, tout en leur permettant de trouver une stabilité grâce à un travail régulier d’accompagnement.

Pour atteindre ce but, je sème mes propres graines…
Je réfléchis à mes actions présentes et au sens de mes futures activités.
J’investis sur moi en me formant, en lisant, en passant du temps à écrire, en rencontrant de nouvelles personnes, en allant dans de nouveaux endroits. Chaque semaine je vis des choses nouvelles.
J’ai remis sur la table mon chemin tout tracé de salariée 3.0 alternant des périodes d’emploi et de chômage, pour prendre de la hauteur, avoir de la perspective, sortir d’un schéma qui ne me convenait pas, pour réinjecter de la nouveauté, du défi, un autre sens, et redessiner un nouveau plan. J’apprends. Je collabore. Je propose mon aide. J’amène des solutions. Je partage. Je travaille.
Je ne me suis jamais sentie aussi remplie de bonnes énergies, de joie et de plaisir.

Mais ma vision de moi-même en tant qu’« entrepreneure » ne va pas de soi. Malgré les actes posés, malgré le fait d’en parler.

Tout cela me renvoie à une question existentielle : Qui suis-je ?
Construire une offre « commerciale », de « service », ça revient à me poser la question : Qui suis-je, et qu’est-ce que je peux/veux proposer « au monde » ?

Ca me fout la trouille et ça me donne le vertige. C’est flippant en fait. De se découvrir comme si on ne savait pas, à presque 35 ans, qui on est. Comme si on s’était planqué de soi-même pendant toutes ces années. Comme si on s’était tue. Comme si, aujourd’hui, entreprendre était un travail sur soi, pour ressortir « mon être », pour apparaître pour de « vrai ».

Alors que mon idée première était de « juste » créer une activité qui me permettrait de vivre.

Ecrire ses mots m’ont amené une puissante et vive émotion, complètement inattendue. Je me surprends, et j’apprends à me connaître. Cette démarche est presque égocentrique quand j’y pense, à contre sens de ce que j’ai toujours essayé de faire finalement. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais osé le faire. Ce moment je le vis à l’intérieur de moi, un peu protégé, entourée par quelques personnes proches, seule… mais aussi en me confrontant régulièrement au monde extérieur. Ces aller- retour construisent quelque chose – pas nommable aujourd’hui – que je sens, puissant.

Alors ma question initiale du « quand » n’a aucun sens. Ce n’est pas « quand je vais me lancer », mais plutôt « que vais-je faire sortir de tout ce travail, faire sortir de moi ? ».

Mon engagement remonte à loin. Je savais bien qu’on avait tous un impact, et qu’il fallait en être, plutôt que de subir sans rien comprendre. L’associatif et les nombreuses personnes rencontrées m’ont aidé à grandir et à mûrir beaucoup plus vite.
Aujourd’hui, cet engagement se transforme, et plutôt que d’exister seulement envers les autres, je vais le prendre envers moi-même. Ecrire ces mots me permet de marquer un acte symbolique. Je m’engage à m’engager !

Rien ne me fera reculer, même si je suis sujette à des remises en question récurrentes, en me confrontant aux modèles des autres, modèles qui semblent plus normés dans notre société actuelle. Par deux fois, cette semaine, j’ai été « heurtée ». Et je n’ai pas su comment réagir. Et je me suis même laissée envahir par les modèles des autres, par leurs injonctions, leur manière d’être et de faire. Je ne m’y étais pas préparée, et pourtant je suis habituée. Quelques remarques ont suffi à me faire basculer et me demander : Devrais-je faire plutôt comme eux ? Suis-je normale ? Pourquoi je me casse autant la tête ?

J’ai utilisé l’écrit et la parole pour me libérer de mon mental qui commençait à vouloir prendre le dessus. Au lieu de traîner ça pendant des jours, et de laisser germer un nouveau doute en moi, j’ai évacué très rapidement ces tergiversations inutiles.
Ecrire, c’est poser les choses et les mettre à distance. Et ça permet aussi de ne pas oublier par où l’on est passé, à rester humble.

Au-delà d’une création d’activité rémunératrice, aujourd’hui je crée les conditions pour ma propre mutation.

C’est ce que je ressens profondément, mais que j’ai dû mal à admettre, à laisser jaillir, par peur d’être assaillie d’émotions, que ça fasse trop pour moi. Trop d’être moi. Trop d’un coup. Alors je freine. Et je procrastine aussi.

Ecrire et partager des challenges avec des amies bienveillantes, comme « écrire son premier article » me permet de garder le cap. Cap vers SOI. Pour encore mieux aller vers les autres, avec plus de finesse, plus de justesse.


Article écrit en février 2017 – Publié sur la plateforme de blogging MEDIUM

2 réflexions au sujet de « Ecrire, c’est s’engager… envers soi-même ?! »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.